Langue, culture et appartenance

Lorsqu’une personne évoque ses origines et vous parle de son identité en disant qu’elle est française, américaine, arabe de souche, une telle affirmation a-t-elle une valeur dans la définition des nations ? Toutes les religions s’accordent pour dire que nous sommes tous les descendants d’Aden et d’Eve, tous ceux qui ne croient pas aux religions disent, et de façon rationnelle, que puisque la population de notre planète ne cesse d’augmenter il est évident que le commencement a eu lieu avec un seul homme, ce qui nous conduit à dire que nous sommes tous issus d’une même est unique famille composée de quelques personnes, par conséquent, nous sommes tous liés par les liens, qu’on le veuille ou non, du sang. 

Alors comment se fait-il que les hommes excluent d’autres personnes sous prétexte qu’ils ne font pas partie de leur sang, ou de leur tribu ? Il est évident que les premiers hommes étaient des nomades, donc ils partagent d’immenses territoires avec d’autres personnes, voire tribus entières, ce qui va changer au cours des siècles puisque plus l’homme avance, plus il invente et plus il s’approprient des choses des objets pour exercer un certain monopole, et imposer ses propres règles. 

  Ensuite vint la création des cités et  royaumes et les guerres que cela a entrainé, alors un athénien, se dit différent d’un spartiate, bien qu’ils habitent la même région, parlent la même langue, mangent  la même nourriture et adorent les mêmes divinités. La chute d’un royaume ou  d’une cité a, souvent, entraîné son dépiècement, et chaque population se vantent d’être appartenue a telle ou telle terre, d’ailleurs la déflagration de la Yougoslavie dans les temps modernes en est la meilleure illustration. 

Ce sentiment d’appartenance est alimenté, en premier lieu, par les conflits politiques, religieux, culturels ou civilisationnels qui opposent deux parties, ce qui conduit à la naissance d’une haine qui se transforme en un mépris qui appelle à l’exclusion des autres, généralement considérés comme barbare, ignorant, hantés porteur de maladies, malpropres et considéré comme inférieur sur tous les plans ( exemple des romains qui considéraient   que tout ce qui n’est pas romain est barbare). Dans les temps modernes, et en dépit des avancées technologiques et intellectuelles, les hommes considèrent toujours les autres comme étant des êtres inférieurs, ou des humains de deuxième classe. Cela n’est pas étonnant, car il y a cinq siècles, les européens considéraient les indiens du nouveau monde récemment découvert comme des animaux, et les indiens pensaient que les européens sont des demi dieux, cela s’est confirmé après les compagnes de colonisations européennes en Afrique, en  Amérique et en Asie, les peuples de ces régions souvent appelés autochtones, ont reçu le label ‘indigènes’ « paysans » ou encore  « esclaves ». 

La science moderne a prouvé par le biais de la biologie d’ADN que l’africain qui vit en Afrique à quatre vingt lieu d’un européen est plus proche de lui sur le plan génétique que son voisin du pallier, revers de l’histoire, car ceux qui étaient hier des sous hommes, ont été  réhabilités par la science, pour n’être que des égaux de leurs « maîtres » d’hier.  Et pour aller toujours dans ce sens, Braudel définit l’identité nationale comme étant   « un ensemble de valeurs, fruits d’une histoire associée à un territoire » c’est-à-dire la géographie. Comme on peut le constater une telle définition exclut  toute référence ethnique, de ce fait , le mot « français de souche » n’a aucun sens. Mais la seule chose qui permet de garantir l’identité nationale c’est d’inculquer, et non pas imposer, aux gens le sens d’appartenir à une nation ou à une civilisation, la différence n’est là que pour enrichir, et pour appartenir à une nation il faut un élément clé dans cette équation en apparence  simple mais très compliquée par les réactions qu’elle peut susciter, cet élément n’est autre que la langue, car la langue est le seul moyen qui permet de se faire entendre et de véhiculer sa civilisation. Et combien les gens qui appartiennent à un même ensemble de langues se sentent davantage proches entre eux que n’importent quel autre ensemble politique, culturel ou social crée artificiellement. 

                                  

                                                                                       Farid BOUGHANEM;

 

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