Et le peuple (re)créa la Tunisie.

Ce qui vient de se passer en Tunisie est historique, inattendu et fort. Mais d’abord nous devons rappeler les faits : un jeune tunisien, diplômé et chômeur, comme 21% de la jeunesse tunisienne, s’immole après que la police ait confisqué sa marchandise. Un mouvement de protestation s’est ensuivi et des manifestations gagnent toutes les grandes villes, le président Ben Ali a mis trois semaines pour intervenir et annoncer une série de mesures radicales afin d’apaiser  la grogne  sociale, mais surtout pour anéantir ce mouvement de libération chargé d’une soif qui ne peut être étanchée que par la liberté, la justice mais aussi la dignité, l’intervention était très utile pour le peuple mais trop tardive pour Ben Ali & Co.

Le peuple tunisien, qui ne s’est jamais révolté auparavant, et qu’on croyait docile jusque dans sa moelle épinière, a su, dans un espace de trois semaines, dire qu’il est là, qu’il a espoir en l’avenir. Ainsi, on apprend que même les plus opprimés peuvent avoir un sursaut d’orgueil, pour dire leur désarroi, raconter leur misère et même…. Changer le régime. En Tunisie, le régime de Ben Ali qu’on croyait inébranlable, vient de jeter l’éponge, du moins partiellement, puisque le régime en place ce n’est pas uniquement Ben Ali, comme certains le croient ; il est vrai qu’il est son symbole, et son « clan », conduit par Layla Trabelsi, sa «meute » agissante. mais il reste encore les ténors du parti ben Ali, qui lui  succède, Ghannouchi en tête, néanmoins il faut croire qu’en Tunisie les choses ne seront plus jamais comme avant.

Le changement inattendu nous paraît brusque et, en même temps, porteur d’espoir, du moins pour l’instant. Mais des zones d’ombres subsistent, car ce qui vient de se produire en Tunisie à l’air de quelque chose de « Déjà Vu ». En 1988, le 5 octobre, le peuple algérien, voisin de la Tunisie, s’est révolté pour les mêmes raisons qui ont fait sortir les tunisiens à la rue des semaines durant. Cette « révolution » à, d’abord, été étouffée, puis le président Ben Djedid a démissionné, le pluralisme annoncé…. Cela a donné dix ans de guerre civile, plus de cent mille morts et …. Le régime est toujours là.

Il est vrai que la Tunisie n’est pas l’Algérie, mais elle n’est pas totalement différente.

Pourtant c’est en Algérie qu’on attendait un revirement de la situation, suite aux émeutes de la fin d’année, mais tout est rentré en ordre et les algériens vont envier, et pour longtemps, l’exploit   des tunisiens.

Certains algériens regretterons de ne pas pouvoir aller jusqu’au bout pour renverser le régime en place, ce qu’on espère, en tout cas, c’est que le pouvoir de Bouteflika prenne  acte de ce qui s’est passé «  à côté », et œuvre , dorénavant, pour le bien du peuple.

La révolution du peuple tunisien va marquer l’histoire à tout jamais, elle redéfinira la hiérarchie politique tunisienne, elle modifiera le paysage médiatique, politique économique et surtout social.

Espérons qu’elle réussira, sinon nous serons tous déçu, et que l’histoire se mette en marche.

                                                                                                                      Farid BOUGHANEM;

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De la mondialisation

Quoiqu’en disent les analystes, il est évident que la mondialisation était une fatalité pour l’humanité. Nous savons qu’à travers l’histoire les hommes ont passé de la propriété collective à la propriété privée, ce qui a conduit à des conflits et des guerres sans merci. Plus le temps avance plus les empires se divisent et se rapetissent pour donner aujourd‘hui  les quelques deux cents pays de la planète. Des pays répartis sur les quatre continents avec des richesses variables et systèmes politiques différents en apparence mais en fait très semblables,  car de la démocratie nous avons vu des violations des droits de l’hommes, des massacres et de la corruption, et des autres régimes nous avons vu des  génocides et des inhumanités flagrantes.

Le monde n’est plus ce qu’il était et cela à cause du passage de la politique politicienne à la géopolitique régit par l’économie et l’intérêt. Et il se trouve que l’économie mondiale est en passe de former une seule et unique entité régit et commandée par  des organismes planétaire qui ne font pas la différence entre pays riches et pays pauvres, ce qui reste très difficile, du fait que ces organismes sont contrôlés par les pays riches, ce nouveau système n’est pas sans conséquences sur le simple paysan des Andes boliviennes qui est devenu un citoyen du monde et que son pays qu’il connaît à peine géographiquement, ne devient qu’un quartier dans un village nommé la terre.

Mais cette nouvelle situation qui est  nommée mondialisation, n’est-elle pas un fruit de l’hégémonie des pays riches qui veulent faire main basse sur les marchés des pays pauvres situés au sud du globe afin d’en tirer le maximum de profit ? Une simple question qui ne cesse d’être posée, notamment par les pays du sud. Cet avis est défendu notamment par les responsables sudistes, qui voient dans la mondialisation un autre outil à la disposition de l’occident pour le manipuler davantage et de le coloniser de nouveau, mais la mondialisation peut aussi être bénéfique pour les pays du sud comme pour les pays du nord. Et internet en est le meilleur exemple, un outil d’une efficacité épatante, car il permet de gérer l’économie des pays sur de simples cliques. Cette avancée ne peut être critiquée et considérée comme un instrument de colonisation, comme il serait absurde de considérer que les médias, certes manipulateurs, comme l’incarnation de Satan.

Sur le volet  purement économique,  la mondialisation a permis l’accélération de la mise en marche des politiques de la libre circulation des personnes et des biens de production, elle a permis, grâce à l’information, d’organiser les aides aux sinistrés à travers le monde entier ; le tremblement de terre d’Haïti en est un parfait exemple. Au moyen âge la peste a ravagé l’Europe sans que cela puisse être entendu ailleurs qu’en Europe, l’exemple est pour illustrer les bienfaits des médias, et il n’est nullement destiné à  la comparaison, donc Haïti peut  dire merci aux médias, ensuite à l’époque du monde bipolaire certains pays souffrent de la pénurie des aliments comme le lait, le riz et l’eau et cela à cause des politiques gouvernementales suivies alors. Aujourd’hui grâce à internet on peut même faire ses courses depuis chez soi, cela n’est ce pas un bienfait ?

Il est évident qu’il n’y a pas de système parfait et par conséquent la mondialisation est loin d’en être un, loin s’en faut, car à cause de la mondialisation les classes sociales, autrefois bannit réapparaissent aujourd’hui  sous forme de classe aisée, classe moyenne et classe démunie, la pauvreté n’a jamais été aussi intense que durant les vingt dernières années. Le gouffre   entre le nord et le sud ne cesse de s’élargir, et au sein d’un même pays la fracture sociale n’a jamais été aussi nette que durant ces dernières années.

De cela la mondialisation est un bienfait qui a permis l’évolution de l’homme mais qui la réduit à néant. Salut et à bon entendeur.

                                                                                                Farid Boughanem;


Langue, culture et appartenance

Lorsqu’une personne évoque ses origines et vous parle de son identité en disant qu’elle est française, américaine, arabe de souche, une telle affirmation a-t-elle une valeur dans la définition des nations ? Toutes les religions s’accordent pour dire que nous sommes tous les descendants d’Aden et d’Eve, tous ceux qui ne croient pas aux religions disent, et de façon rationnelle, que puisque la population de notre planète ne cesse d’augmenter il est évident que le commencement a eu lieu avec un seul homme, ce qui nous conduit à dire que nous sommes tous issus d’une même est unique famille composée de quelques personnes, par conséquent, nous sommes tous liés par les liens, qu’on le veuille ou non, du sang. 

Alors comment se fait-il que les hommes excluent d’autres personnes sous prétexte qu’ils ne font pas partie de leur sang, ou de leur tribu ? Il est évident que les premiers hommes étaient des nomades, donc ils partagent d’immenses territoires avec d’autres personnes, voire tribus entières, ce qui va changer au cours des siècles puisque plus l’homme avance, plus il invente et plus il s’approprient des choses des objets pour exercer un certain monopole, et imposer ses propres règles. 

  Ensuite vint la création des cités et  royaumes et les guerres que cela a entrainé, alors un athénien, se dit différent d’un spartiate, bien qu’ils habitent la même région, parlent la même langue, mangent  la même nourriture et adorent les mêmes divinités. La chute d’un royaume ou  d’une cité a, souvent, entraîné son dépiècement, et chaque population se vantent d’être appartenue a telle ou telle terre, d’ailleurs la déflagration de la Yougoslavie dans les temps modernes en est la meilleure illustration. 

Ce sentiment d’appartenance est alimenté, en premier lieu, par les conflits politiques, religieux, culturels ou civilisationnels qui opposent deux parties, ce qui conduit à la naissance d’une haine qui se transforme en un mépris qui appelle à l’exclusion des autres, généralement considérés comme barbare, ignorant, hantés porteur de maladies, malpropres et considéré comme inférieur sur tous les plans ( exemple des romains qui considéraient   que tout ce qui n’est pas romain est barbare). Dans les temps modernes, et en dépit des avancées technologiques et intellectuelles, les hommes considèrent toujours les autres comme étant des êtres inférieurs, ou des humains de deuxième classe. Cela n’est pas étonnant, car il y a cinq siècles, les européens considéraient les indiens du nouveau monde récemment découvert comme des animaux, et les indiens pensaient que les européens sont des demi dieux, cela s’est confirmé après les compagnes de colonisations européennes en Afrique, en  Amérique et en Asie, les peuples de ces régions souvent appelés autochtones, ont reçu le label ‘indigènes’ « paysans » ou encore  « esclaves ». 

La science moderne a prouvé par le biais de la biologie d’ADN que l’africain qui vit en Afrique à quatre vingt lieu d’un européen est plus proche de lui sur le plan génétique que son voisin du pallier, revers de l’histoire, car ceux qui étaient hier des sous hommes, ont été  réhabilités par la science, pour n’être que des égaux de leurs « maîtres » d’hier.  Et pour aller toujours dans ce sens, Braudel définit l’identité nationale comme étant   « un ensemble de valeurs, fruits d’une histoire associée à un territoire » c’est-à-dire la géographie. Comme on peut le constater une telle définition exclut  toute référence ethnique, de ce fait , le mot « français de souche » n’a aucun sens. Mais la seule chose qui permet de garantir l’identité nationale c’est d’inculquer, et non pas imposer, aux gens le sens d’appartenir à une nation ou à une civilisation, la différence n’est là que pour enrichir, et pour appartenir à une nation il faut un élément clé dans cette équation en apparence  simple mais très compliquée par les réactions qu’elle peut susciter, cet élément n’est autre que la langue, car la langue est le seul moyen qui permet de se faire entendre et de véhiculer sa civilisation. Et combien les gens qui appartiennent à un même ensemble de langues se sentent davantage proches entre eux que n’importent quel autre ensemble politique, culturel ou social crée artificiellement. 

                                  

                                                                                       Farid BOUGHANEM;

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